les Bleus et la Coupe du Monde depuis 1998

1998, première étoile

Après douze ans d'absence, l'Équipe de France remporte la Coupe du monde 1998 à domicile au terme d'un tournoi maîtrisé de bout en bout, avec une apothéose en finale face au Brésil, tenant du titre (3-0).

Sous pression après avoir manqué les éditions 1990 et 1994, les Bleus d'Aimé Jacquet, demi-finalistes de l'Euro 1996, n'ont pas droit à l'erreur lors de cette quinzième Coupe du monde qu'ils vont jouer à domicile. Et comme lors de l'Euro 1984, ils réalisent un tournoi quasi-parfait en remportant leurs sept matches, même si le cinquième contre l'Italie, s'étant achevé aux tirs au but, est statistiquement un nul. Menée au score qu'une seule minute, face à la Croatie en demi-finale, l'Équipe de France surclasse le Brésil en finale malgré l'absence de Laurent Blanc, et grâce à deux buts de la tête de Zinédine Zidane. Dans leur élan, les Bleus remporteront l'Euro 2000, réalisant un doublé inédit.

Didier Deschamps avait été le premier joueur français à soulever le trophée de la Ligue des Champions avec l'OM en 1993. Il est le premier à brandir la Coupe du monde.

2002, zéro pointé

Les champions du monde et d'Europe ratent complètement la première Coupe du monde asiatique, en sortant dès le premier tour sans marquer le moindre but en trois matches.

Pour la première fois de son histoire, l'Équipe de France aborde une Coupe du monde avec le statut de tenant du titre et une cote très élevée après ses victoires à l'Euro 2000 et en Coupe des Confédérations 2001. Privée de Robert Pirès, puis de Zinédine Zidane, elle manque dramatiquement de réussite (cinq tirs sur les poteaux ou la barre), se fait piéger par le Sénégal en ouverture du tournoi, perd Thierry Henry au début du match contre l'Uruguay et s'incline à nouveau devant le Danemark. Pour la première fois depuis 1978, elle est éliminée au premier tour. La génération des Barthez, Thuram, Vieira, Zidane, Henry et Trezeguet s'en souviendra quatre ans plus tard et atteindra la finale de l'édition 2006.

L'Italie en 2010, l'Espagne en 2014 et l'Allemagne en 2018 ont été éliminées dès le premier tour, comme la France en 2002. Depuis cette édition, seul le Brésil en 2006 est allé plus loin, jusqu'en quart de finale, où il a été battu… par la France.

2006, les adieux d'un géant

Zinédine Zidane achève sa carrière de footballeur sur une nouvelle finale de Coupe du monde. Comme en 1998, il ouvre le score mais ne finira pas le match, perdu contre l'Italie à l'issue des tirs au but (1-1, 3-5 aux t.a.b.).

Les retours simultanés de Zidane, Thuram et Makelele en août 2005 permettent aux Bleus de se qualifier pour leur douzième phase finale. Il s'en faut de très peu (un arrêt de Buffon, un tir au but sur la transversale) pour que l'Équipe de France remporte sa deuxième Coupe du monde après un tournoi remarquable d'efficacité et de sang-froid à partir des huitièmes de finale. Forts de leurs champions du monde 1998 et de joueurs habitués aux compétitions européennes, les Bleus livrent deux très grands matches contre l'Espagne et le Brésil, qui s'inclinent une fois de plus. Barthez et Zidane quittent l'Équipe de France au terme de carrières exceptionnelles.

En marquant en finale le 9 juin 2006, Zinédine Zidane est devenu le buteur français le plus âgé en Coupe du monde. Il avait 34 ans et 16 jours.

2010, rien ne va plus

Comme en 2002, l'Équipe de France sort de la Coupe du monde dès le premier tour après deux défaites et un nul. Le séjour en Afrique du Sud a été marqué par le renvoi de Nicolas Anelka et un mouvement de grève de l'entraînement de la part des autres joueurs.

Après une qualification difficile obtenue à l'issue d'un barrage contre la République d'Irlande en novembre 2009, l'Équipe de France passe à côté de son tournoi, le quatrième disputé par Thierry Henry, qui achève sa carrière internationale comme il l'avait commencée, face à l'Afrique du Sud. Cette treizième participation à une phase finale est marquée par le clash entre Nicolas Anelka et Raymond Domenech, le premier étant exclu du groupe après la rencontre perdue face au Mexique. Le sélectionneur quittera son poste à l'issue du dernier match, alors que l'ensemble des joueurs a refusé de s'entraîner à Knysna pour protester contre le renvoi d'Anelka.

C'est la troisième fois que l'Équipe de France joue une Coupe du monde en hiver (dans l'hémisphère sud) après l'Uruguay en juillet 1930 et l'Argentine en juin 1978. Ça ne lui a pas réussi, puisqu'elle a été éliminée au premier tour à chaque fois.

2014, retour dans le grand huit

Pour sa première Coupe du monde en tant que sélectionneur, Didier Deschamps emmène les Bleus jusqu'en quart de finale, où ils s'inclinent de justesse face à l'Allemagne (0-1). L'espoir renaît à deux ans de l'Euro en France.

Qualifiés en barrage après un retour épique contre l'Ukraine (0-2, 3-0), les Bleus arrivent au Brésil avec de l'ambition. Le premier tour est très prometteur, avec huit buts inscrits, dont trois par Benzema. Il faudra un but précoce de Mats Hummels et la main très ferme de Manuel Neuer, dans la toute dernière minute du quart de finale Allemagne-France au Maracana, pour empêcher les Bleus de continuer leur parcours. La génération des Griezmann, Pogba, Varane, Matuidi et Giroud, qui n'a pas connu 2010, a déjà tourné la page et peut désormais capitaliser sur la confiance retrouvée au Brésil.

Karim Benzema est le seul des 20 joueurs de champ français utilisés au Brésil à ne pas avoir manqué une seule minute. C'est exceptionnel pour un attaquant.

2018, la quête de la deuxième étoile

Après un Euro perdu de justesse, l'Équipe de France fait mieux en Russie où elle conquiert son deuxième titre mondial, vingt ans après le premier. Didier Deschamps, capitaine en 1998, est à nouveau champion du monde.

Rajeunis par la génération montante arrivée après l'Euro où ils ont atteint la finale (Pavard, Hernandez, Mbappé), les Bleus cherchent la bonne formule pendant le premier tour, puis montent en puissance à partir des huitièmes de finale et un match fondateur contre l'Argentine (4-3). Dès lors, ils ne laissent aucune chance à leurs adversaires successifs, même quand ceux-ci ont la possession comme la Belgique en demi-finale. Le 15 juillet à Moscou, l'Équipe de France est championne du monde pour la deuxième fois de son histoire en battant la Croatie de Luka Modric (4-2) grâce à des réalisations de Griezmann, Pogba et Mbappé. Deschamps rejoint Beckenbauer et Zagallo dans le cercle très restreint des sélectionneurs déjà titrés comme joueurs.

Kylian Mbappé est devenu le deuxième joueur le plus jeune à marquer en finale de la Coupe du monde (19 ans, 6 mois et 25 jours). Seul Pelé a été plus précoce en 1958.

Qatar 2022, c'est parti

D'habitude à cette période, les Bleus bouclent leur dernier rassemblement de l'année, se souhaitent bonne chance pour les échéances en club à venir et se donnent rendez-vous aux premières lueurs du printemps courant mars. Pas cette fois. Un an et demi après un Euro itinérant achevé en huitièmes de finale suivi d'un Final Four en Nations League remporté puis de la campagne de Ligue des nations 2022-2023, les Bleus défendent leur titre de champions du monde au Qatar.

Cette 16ème phase finale pour eux constitue la première de l'histoire organisée à cette période (du 20 novembre au 18 décembre), sans préparation au sens classique du terme puisque les joueurs ont été mis à disposition de la sélection le 14 novembre, soit huit jours avant leur entrée en lice contre l'Australie. France - Argentine, une finale de légende au terme d'une séance de tirs au but marquée par les échecs de Coman et Tchouaméni. Revenue héroïquement à deux reprises grâce notamment au triplé de Mbappé (Soulier d'or), la France échoue dans sa quête de doublé historique.